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    Vladimir Gelfand, un Ukrainien à Berlin

     Publié le 31.08.2026

             

    Voici Vladimir Gelfand. Né le 1er mars 1923 dans la petite ville de Novoarkhangelsk, en Ukraine soviétique, il est le fils unique d'une famille juive modeste. Il grandira dans une société bouleversée par la révolution et la construction de l'Union soviétique. Lorsque l'Allemagne nazie envahit l'Union soviétique en juin 1941, ses études sont interrompues.

    Évacué dans le Caucase, il travaille comme électricien et bénéficie d'une exemption qui pourrait lui éviter le front. Pourtant, animé par un patriotisme sincère et profondément attaché aux idéaux soviétiques, il demande lui-même à rejoindre l'armée. C'est ainsi qu'il est incorporé en mai 1942 à l'âge de 19 ans.

    D'abord sergent et chef d'un groupe de mortiers, il connaît les grandes retraites de l'été 1942, combat dans le sud de l'Union soviétique et participe à la bataille de Stalingrad où il est blessé. Devenu officier, il commande ensuite un peloton de mortiers. Avec l'Armée rouge, il participe à la reconquête de l'Ukraine, franchit le Dniepr, puis avance à travers la Bessarabie et la Pologne.

    Pendant la guerre, il apprend également que plusieurs membres de sa famille paternelle ont été assassinés par les nazis parce qu'ils étaient juifs. En 1945, désormais lieutenant au sein de la 301e division de fusiliers, il progresse jusqu'à l'Oder. Affecté à l'état-major de sa division pour tenir le journal officiel des opérations, il participe ensuite à l'offensive finale et à la prise de Berlin.

    Mais, depuis 1941, Vladimir tient également son journal. Bien que les journaux personnels soient interdits dans l'Armée rouge, il écrit presque quotidiennement. Il y consigne les combats, la peur, ses ambitions littéraires, ses frustrations, ses rapports difficiles avec certains supérieurs et l'antisémitisme auquel il est parfois confronté.

    Il n'efface ni ses faiblesses, ni ses contradictions. Gelfand se révèle également être un véritable coureur de jupons. Dans l'Allemagne vaincue, il raconte sans pudeur ses rencontres, ses conquêtes et ses relations avec des femmes allemandes.

    Il décrit leurs conversations, leurs rapprochements et parfois les échanges de nourriture ou de protection qui accompagnent ses relations. Ses écrits rapportent aussi les pillages et les violences sexuelles commises par des soldats soviétiques. Après la capitulation allemande, Gelfand espère rentrer rapidement en Ukraine.

    Mais il reste au sein des forces d'occupation soviétiques jusqu'en septembre 1946. Durant cette période, il sillonne Berlin et ses environs, fréquente la population allemande et observe le quotidien d'un pays détruit. C'est précisément cette franchise qui donne aujourd'hui toute sa valeur à son journal.

    Contrairement au récit officiel, il ne présente pas les soldats soviétiques comme des héros irréprochables. Il les montre comme des hommes ordinaires, courageux ou lâches, généreux ou violents, victorieux mais profondément marqués par plusieurs années de guerre. Démobilisé, Vladimir retourne à Dnipropetrovsk.

    Il étudie l'histoire et la littérature, se marie à deux reprises, devient père de trois fils et travaille durant le reste de sa vie comme enseignant. Il continue à écrire sans toutefois parvenir à faire publier son grand témoignage. Vladimir Gelfand meurt le 25 novembre 1983 à seulement 60 ans.

    Ce n'est qu'après sa disparition que son fils Vitaly retrouve et fait connaître ses carnets. Publiés à partir des années 2000, ils deviennent une source historique exceptionnelle sur l'Armée rouge, la chute de Berlin et les premières années de l'occupation soviétique. Vladimir Gelfand avait rêvé toute sa vie de devenir écrivain, il ne saura jamais que son journal finirait par faire entrer son nom dans l'histoire.

    Transkribiert von TurboScribe
     
     
    Vidéo réalisée par Edelweiss (tf.edelweiss), créatrice de contenu francophone consacré à l'histoire militaire, notamment aux périodes d'occupation allemande et soviétique
     
     




       

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    Vladimir Gelfand, a Ukrainian in Berlin

    Published on 31 August 2026

     

    This is Vladimir Gelfand. Born on 1 March 1923 in the small town of Novoarkhangelsk in Soviet Ukraine, he was the only son of a modest Jewish family. He grew up in a society transformed by the revolution and the building of the Soviet Union. When Nazi Germany invaded the Soviet Union in June 1941, his studies were interrupted.

    Evacuated to the Caucasus, he worked as an electrician and received an exemption that could have kept him away from the front. Yet, driven by sincere patriotism and a deep commitment to Soviet ideals, he asked to join the army himself. He enlisted in May 1942 at the age of 19.

    Initially a sergeant in charge of a mortar squad, he endured the major retreats of the summer of 1942, fought in the south of the Soviet Union and took part in the Battle of Stalingrad, where he was wounded. After becoming an officer, he commanded a mortar platoon. With the Red Army, he participated in the recapture of Ukraine, crossed the Dnieper and then advanced through Bessarabia and Poland.

    During the war he also learned that several members of his father’s family had been murdered by the Nazis because they were Jewish. In 1945, as a lieutenant in the 301st Rifle Division, he reached the Oder. Assigned to divisional headquarters to keep the official war diary, he went on to take part in the final offensive and the capture of Berlin.

    Yet Vladimir had also kept a personal diary since 1941. Although personal diaries were forbidden in the Red Army, he wrote almost every day. He recorded the fighting, his fear, literary ambitions, frustrations, difficult relations with some superiors and the antisemitism he sometimes encountered.

    He made no attempt to conceal his weaknesses or contradictions. Gelfand was also a womanizer. In defeated Germany he wrote unabashedly about his encounters, conquests and relationships with German women.

    He described their conversations, growing intimacy and sometimes the exchange of food or protection associated with those relationships. His writings also recount looting and sexual violence committed by Soviet soldiers. After Germany’s surrender, Gelfand hoped to return quickly to Ukraine.

    But he remained with the Soviet occupation forces until September 1946. During this period he travelled around Berlin and its surroundings, met local Germans and observed everyday life in a devastated country. It is precisely this candor that gives his diary such value today.

    Unlike the official account, he did not portray Soviet soldiers as flawless heroes. He showed them as ordinary people — brave or cowardly, generous or violent, victorious but deeply marked by years of war.

    Demobilized, Vladimir returned to Dnepropetrovsk. He studied history and literature, married twice, became the father of three sons and worked as a teacher for the rest of his life. He continued writing but never managed to publish his extensive first-hand account. Vladimir Gelfand died on 25 November 1983, aged only 60.

    Only after his death did his son Vitaly recover his notebooks and bring them to public attention. Published beginning in the 2000s, the diaries became an exceptional historical source on the Red Army, the fall of Berlin and the early years of the Soviet occupation. Vladimir Gelfand had dreamed of becoming a writer all his life; he never learned that his diary would eventually secure his place in history.


    Transcribed by TurboScribe.
    Video by Edelweiss (tf.edelweiss), a French-speaking creator of military history content, particularly about the periods of German and Soviet occupation.